Vendredi 26 septembre
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Et si l’on développait une offre touristique alternative à Marseille, plutôt que d’assister à un bétonnage anarchique et orienté vers une clientèle haut de gamme, ainsi contrainte à séjourner dans
des palaces aseptisés ?
Attention, ceci est un appel à idées !
Pression
L’Hôtel-Dieu a été bradé à un groupe hôtelier, les plus beaux points de vue de la ville sont squattés par des hôtels grand luxe: Sofitel et Novotel Vieux-Port, New Hotel of Marseille au Pharo,
Radisson quai de Rive-Neuve, Pullman ex Sofitel “Palm Beach“, … En projet, un complexe hôtelier au Mont-Roze et plus avancé, un hôtel 4 étoiles sur la plage des Catalans, à l’emplacement des
établissements Giraudon. Ce projet a d’ailleurs déjà été validé par le conseil municipal. Pour faire passer les 41 mètres de hauteur, on saupoudre grossièrement d’arguments pseudo-écolos, bien sûr
sans aucune once de vision à long terme concernant la politique de la ville. Par contre, l’opération immobilière, en partenariat avec le groupe Privilège, expert en réduction d’impôts, semble,
encore une fois, tout à fait bien bâtie. Question d’expérience ! Elle aurait en fait été montée par la Mairie qui aurait elle-même présenté l’acheteur à l’occupant des lieux, en cours
d’expropriation, selon le journal
La Marseillaise. Ce projet est
d’ailleurs sorti des boîtes sans prévenir, la rumeur ayant été démentie par M. Roatta… avant les élections.
Suite aux actions des riverains: pétitions, banderoles, permanences sur le trottoir, une “concertation“ a été lancée. Elle devrait s’achever à la fin de l’année et portera essentiellement sur la
hauteur de l’édifice, car l’hôtel, lui, devrait bien voir le jour (ce n’est pas le cas des occupants des immeubles riverains !). Rassurons-nous, l’altitude du building ne devrait pas supplanter
celle du Cercle de Nageurs, institution populaire marseillaise qui le jouxte…
Du béton, mais haut de gamme
“Marseille souffre d’une capacité d’accueil trop restreinte, son immaturité en terme d’équipements hôteliers devient critique“. La complainte est bien rôdée et tourne en boucle dans les sphères
économico-touristiques de la ville. Et avec Marseille 2013, il va falloir que cela s’accélère, argument désormais imparable! Si l’on y regarde de plus près, les autorisations de bétonnage
concernent les grands groupes et les projets très haut de gamme “pour rattraper son incroyable retard“, bien évidemment. Un retard qui se base en fait sur les seuls chiffres des séminaires, avec
pour ville-étalon Nice. Il est vrai que cette ville et sa politique touristique donnent envie.
Ici, Accor ne détenant que 70% de l’offre hôtelière, il semble effectivement important qu’il puisse renforcer sa position sur la cité phocéenne, afin de préserver l’oligopole dont il jouit, comme
sur la plupart de ses activités (Tickets Restaurant, Tickets Service, Compagnie des Wagons Lits, …). Les infrastructures pleine de charme et la politique sociale innovante d’Accor méritent
pleinement ce petit coup de pouce.
Du côté des structures d’accueil pour les visiteurs moins fortunés, que trouve-t’on ? Une seule auberge de jeunesse, située dans le trépidant quartier de Bonneveine, quand Barcelone en propose une
dizaine aux quatre coins de la ville. Il suffit pourtant de s’inscrire sur
un site communautaire d’échanges de places de canapés pour se
rendre compte que les demandes de jeunes baroudeurs du monde entier affluent. Pas assez riches ? Pas sûr, et en tous cas souvent enclins à écumer les lieux culturels nocturnes (quand ils existaient
encore).
Alors on fait quoi ?
En laissant à la mairie et à l’office des congrès (et du tourisme paraît-il…) le choix des infrastructures, notre ville va certes évoluer, se moderniser,
comme le rappellent certains observateurs
de la vie marseillaise (souvent bien frileux) mais n’y a t’il pas une solution à inventer ? Une alternative ne profitant pas qu’aux groupes financiers ? Rappelons que dans le cas de l’Hôtel
Dieu au Panier, la ville a acheté le bâtiment 10 millions d’euros pour le céder à une holding contrôlée par Axa. Cet argent ne pourrait-il pas être utilisé à autre chose ? Marseille, future
capitale de la culture, ne pourrait-elle pas choisir une autre voie en termes d’hébergement ? Dans
son récent discours victorieux, JC Gaudin revendique au bout de
quelques lignes la fameuse “tradition d’hospitalité“ de la ville. Alors Jean-Claude (permettez-moi de vous appeler Jean-Claude), cette hospitalité, on la transforme en réalité ou on l’inscrit
seulement au fronton du futur Intercontinental de l’Hôtel Dieu ?
Bien évidemment, nous n’avons pas la solution, mais puisque Marseille manque de places d’accueil, n’hésitez à balancer ici vos folles idées…
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